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Les abattoirs régionaux du Centre

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Les abattoirs régionaux du Centre

Les abattoirs régionaux du Centre

La Société des Abattoirs Régionaux du Centre était une structure coopérative créée en 1935 par la Fédération paysanne de l’Indre, sous l’impulsion d’Auguste CHANTRAINE.  Le terrain choisi pour la construction, au milieu d’une région d’élevage, était situé à la fois sur les communes d’Aigurande et de Lourdoueix-Saint-Pierre, en limite des deux départements de l'Indre et de la Creuse, du fait de la proximité de la gare. L'abattoir a été inauguré en 1937, en présence de Georges Monnet, ministre de l’Agriculture. L'établissement était, à l’époque, l’un des abattoirs les plus modernes de France.

Les premières années, les bêtes étaient achetées dans la région, puis abattues et les carcasses livrées à des grossistes. On utilisait le train grâce à un embranchement particulier, qui permettait de décharger les bêtes directement au quai.

Durant la Seconde Guerre mondiale, de nouveaux besoins se firent sentir avec les réquisitions et l’approvisionnement de Paris. Des congélateurs très performants avec tunnels refroidissants jusqu’à -30° furent installés. Le plancher des camions mais, aussi, des wagons SNCF était tapissé de pains de glace. Des ventilateurs soufflaient l’air froid sur les carcasses de viande, coupées en quatre, qui arrivaient à destination sans être décongelées.

Dès 1950, cet abattoir fut l’un des trois en Europe à être agréés par les autorités américaines pour la fourniture de viande aux troupes résidant sur le continent, en particulier à Châteauroux. Dans les années 1960, on y employait une centaine d’ouvriers. La majorité des animaux était fournis par les S.I.C.A. des départements de l’Indre, de la Creuse, du Cher et de la Haute-Vienne. Ces regroupements d’éleveurs formèrent une union régionale, l’U.R.S.I.C.C.O., qui devint propriétaire de l'abattoir à partir de 1967. C’était l’un des plus importants fournisseurs de l’intendance militaire française. La guerre d’Indochine puis celle d’Algérie donnèrent du travail à l'abattoir grâce à l’adjudication de contrats de l’armée. Le nombre d’ouvriers augmenta car il fallait livrer de la viande en caissettes de 25 kilos, expédiée congelée par camion ou train. Il pourvoyait également une partie des collectivités de l’Indre.

Grâce à son centre frigorifique équipé de tunnels de congélation, l’usine fut le promoteur de la viande hachée surgelée, vendue en France et à l’étranger sous le label ROTYSTECK. Bien qu’étant privé, l’abattoir restait à la disposition de tous les professionnels de la région. L’abattage d’urgence fonctionnait jour et nuit pour les animaux accidentés. On y fabriquait aussi des suifs industriels, des farines de viande et de sang qui étaient vendues aux éleveurs de la région.

Malheureusement, les installations ne furent ni modernisées ni même mises en conformité avec les nouvelles normes. Par exemple, le traitement des effluents aqueux était tout à fait défaillant et, un jour, les habitants du village des Chaumes, excédés par les rejets nauséabonds, vinrent installer un barrage sur la sortie des égouts des abattoirs. En 1970 la société déposa le bilan. Pour sauver les emplois, la municipalité acheta l'abattoir. Malgré une bonne reprise d’activité, en 1975, l'abattoir ne put faire face aux lourdes charges et fut vendu à la S.I.V.I.P.A.

La baisse du prix des bêtes, puis l’obligation de mise en conformité des installations avec les normes européennes, obligeront l'abattoir à fermer ses portes définitivement en 1985.

De nos jours, les bâtiments sont la propriété d’une société de transport. On y trouve aussi les Transports départementaux de l’Indre (transports de voyageurs) et le dépôt d’un fournisseur de produits alimentaires surgelés, ARGEL Centre.

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