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Monuments aux morts de la contrée d'Aigurande

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Monuments aux morts de la contrée d'Aigurande

Monuments aux morts de la contrée d'Aigurande

Mémoire rédigé à l’occasion du centenaire de la fin de la Grande Guerre de 1914/18.

Pierre GREIVELDINGER (Texte et crédit photos)

AVANT PROPOS

Il y a cent ans, se déroulait l'un des événements les plus importants de l'histoire contemporaine, à telle enseigne que certains font débuter le XXème siècle à l’année 1914. En effet, rien ne sera plus pareil, au lendemain de la fin de la Grande Guerre qui plus est, fut mondiale ; plus de trente pays y ont participé, issus des cinq continents ! Cérémonies, conférences, publications se succèdent déjà pour célébrer le centenaire de sa fin.                                                                                    C'est d'abord une opportunité offerte à toutes les communes, quelle qu'en soit la taille, de s'investir pour animer une page incontournable de leur passé. Rares sont les familles qui n'ont pas été concernées. C'est aussi l'occasion de rassembler souvenirs de toutes sortes, oubliés dans des cartons, des tiroirs, des greniers, des caves et d'en proposer le prêt à un musée, à la mairie, à la médiathèque, à un groupe scolaire pour une exposition temporaire. Une contribution à redonner vie aux absents "morts pour la Patrie", comme le rappellent les monuments qui leur sont consacrés. Cette contribution a enfin pour but de sensibiliser les communes et leur Conseil à la notion de patrimoine élargi, et pas seulement lors des journées annuelles qui lui sont dédiées, en y inscrivant, dans les prospectus et circuits, les monuments aux morts de la Grande Guerre au même titre qu'une église, un moulin, une demeure, une tour, des puits, les vestiges de remparts, un pont, un dolmen.... L'Histoire est faite de multiples facettes liées au passé qui continuent d'illustrer le présent. Les pierres parlent aux passants qui prennent quelques instants pour les écouter se raconter.

I." HALTE AU FEU"

 1 -LE CONTEXTE

  Après plus de cinquante mois de guerre, l'Allemagne demande l'armistice. Il est signé à l'aube du 11 novembre 1918 sous l'égide du maréchal FOCH et s'applique sur tous les fronts dès 11 heures du matin. Mais cet acte n'est que l'arrêt des hostilités conditionné par un texte ou convention qui engage tous les signataires à en respecter l'intégralité ; après un temps d'observation, peut s'ouvrir celui de la rédaction de traités de paix séparés avec chacun des cinq pays vaincus. Si la guerre est finie, reste maintenant, et sur la durée, à "gagner la Paix" (CLEMENCEAU) .Vient alors le moment de faire les bilans et d'analyser les conséquences dans tous les domaines : territorial, politique, social, économique et bien sûr humain.

2 -BILAN HUMAIN 

 C'est à celui de la France qu'est consacré ce paragraphe. Pour comprendre l'étendue de la tragédie qui vient de se terminer, il est nécessaire de donner quelques repaires chiffrés à partir des estimations le plus souvent avancées.

2-1- La population Le dernier recensement eut lieu en 1911. A la veille de la guerre, il y avait un peu plus de 39 millions d'habitants en métropole, sachant que trois départements (Alsace-Moselle) étaient dans l'empire allemand depuis 1871. Du fait de la guerre, la natalité a manqué de 1,4 million d'enfants.

2-2- Les mobilisés En 1913, le service militaire, par conscription, est porté à trois ans. Plus de 8,4 millions d'hommes dont 450 000 venus d'Outre -mer seront appelés sous les drapeaux. Une forte majorité vient des campagnes. Lors de la mobilisation générale d'août 1914, Gouvernement et Etat-Major redoutent des défections importantes compte tenu des travaux des champs en cours; certains parlent du "tocsin des moissons". Mais il n'en fut presque rien. Le patriotisme et la volonté d'effacer la défaite de 1871 par le retour des territoires perdus, l'ont emporté. Nombreux sont ceux qui pensent que la guerre sera brève avec la victoire en quelques semaines, au pire, en fin d'année. Espoir très déçu, il en fut tout autrement. Mutineries, voire désertions, peuvent alors s'expliquer malgré la mise en place de la relève et des permissions.

2-3- Les morts et disparus militaires Le nombre est voisin de 1,4 million dont 70 000 à 98 000 d'Outre-mer. A elles seules, les batailles de 1914-1915 ont fait déjà plus de 800 000 morts! Les bombardements terrestres et aériens, parfois incessants, ont enseveli quelque 250 000 hommes!

2-4- Les blessés L'explosion des obus, des grenades, les tirs des armes automatiques entraînent des conséquences des plus graves sur les membres, les visages qu'évoque l'expression "les gueules cassées"; sans oublier les rigueurs de l'hiver et les lésions pulmonaires dues aux gaz dans les tranchées... Estimation : 3,5 millions ont été atteints physiquement, toutes formes et importances des blessures confondues. Dans leurs souvenirs, certains ont comparé leur sortie des tranchées à l'assaut de celles de l'ennemi, à "l'échelle d'une guillotine" !

2-5- Quel bilan humain ? 4 5 millions de morts, de disparus, de blessés, de prisonniers sur 8,4 millions de mobilisés ! Les mots manquent à leur évocation ; mais reviennent souvent : désastre, hécatombe, carnage, boucherie, chair à canon... Saluons, au passage, les personnels de Santé (médecins, infirmiers) qui ont fait des prouesses en chirurgie réparatrice. Suite à ce qui vient d'être décrit, on comprend mieux que les survivants "à l'enfer", "aux orages d'acier" aient parlé de "Der des ders"; mais aussi que les associations d'anciens combattants aient pris une part active dans la vie politique du pays autour du thème de la Paix.

2-6- Et les civils ? On estime à 200 000 le nombre de morts lors des bombardements des villes et zones industrielles du Nord et du Nord-est de la France. La mort des soldats est à l'origine de 600 000 veuves et 700 000 orphelins, "pupilles de la Nation". A la fin du conflit, la grippe espagnole vient s'ajouter aux causes de décès, par dizaines de milliers !

3- ET APRES ? 

A la lecture des témoignages, des mots viennent tout naturellement pour parler de tous ceux qui sont morts pour que vive la France : célébration, compassion, émotion, gloire, gratitude, honneur, mémoire, souvenir, vénération... Quel meilleur moyen d'en perpétuer les noms que d'édifier des monuments sur lesquels ils seront gravés pour la postérité, en lettres d'or ; ces édifices font partie de notre patrimoine commun. L'essentiel de ce qui suit leur est consacré. Pour illustrer ce texte, quelques lectures indispensables d'écrivains, français et allemand, grands témoins des événements militaires :

  • BARBUSSE Henri: Le Feu 
  • DORGELES Roland: Les Croix de Bois 
  • GENEVOIS Maurice: Ceux de Quatorze
  • JUNGER Ernest: Orages d'Acier

II. LE MONUMENT AUX MORTS

Quelles en sont l'origine, la description, la finalité? C'est à ces questions et à d'autres que va essayer de répondre cette seconde partie, en allant à l'essentiel. Dès avant la fin du conflit, certains envisagent déjà d'honorer leurs morts par une stèle, une plaque portant leurs noms.

1- LE ROLE DES MUNICIPALITES

L'initiative de la construction ne peut venir que du Conseil municipal. Le monument aux morts est un édifice civil ; de ce fait il ne devrait pas y avoir de signe religieux, comme la présence d'une croix latine. Ceci est en ligne directe de la loi de 1905sur la séparation des églises et de l'Etat. Mais le choix relève de la décision du Conseil. Une commission est mise en place pour assurer le suivi de l'installation de l'édifice. On imagine des débats parfois vifs sur plusieurs points du dossier.

1-1- Le choix du lieu Le principe de base: installer le monument à un endroit de passage de la population; il doit être bien en vue; c'est à dire: - sur une place idéale entre la Mairie et l'Eglise; la topographie y est souvent un obstacle; - le plus souvent près de la Mairie; - à un carrefour... Tous les cas de figure sont donc possibles grâce au consensus au sein du Conseil. Notons que beaucoup d'églises ont une stèle pour commémorer le souvenir des paroissiens défunts; les noms et leur nombre peuvent être un peu différents de ceux de la " liste officielle". Rappelons qu'en 1920 Jeanne d'Arc est proclamée sainte (canonisation) par le Pape Benoît XV; cet événement participe à renforcer le patriotisme. L'Etat, la même année, décide de consacrer un dimanche de chaque mois de mai à la célébration officielle de sa fête. D'autres lieux ont un monument, une stèle: gares, administrations, lieux d'enseignement, hôpitaux, entreprises...

1-2- Le choix du monument  : Il est lié aux capacités financières (voir point 1-3). Dès la fin du conflit, plusieurs entreprises diffusent des catalogues ; un marché lucratif s'ouvre à elles, avec plus de 36 000 communes en métropole et Outre-Mer! On retrouve ainsi des modèles qui se ressemblent; puis des options (décors, gravures, statues) vont les rendre originaux. Le lieu ayant été déterminé, les travaux préparatoires de terrassement sont assurés par le personnel municipal ou une entreprise locale. La fourniture de la pierre vient souvent de carrières régionales pour en réduire le coût. Il en va de même pour les marbriers, forgerons, graveurs. Si le monument choisi est important, le recours à un architecte, un maître d'œuvre est utile. Les municipalités qui ont des moyens financiers, ont fait appel à un statuaire (spécialiste de la fabrication des statues) parfois connu, issu d'une école des Beaux-arts ; ceci explique le prix de l'œuvre achevée. Quelques exemples de grands noms, célèbres pour des œuvres tout autres que leurs monuments aux morts : BOURDELLE, MAILLOL, LANDOWSKI, RODIN... La plupart des monuments sont édifiés entre 1920 et 1925.

1-3- Le financement : En décembre1919, les députés votent une loi qui fait du 11 novembre de chaque année, la date pour "commémorer officiellement la fin de la guerre et glorifier les morts pour la France". 6 En juillet 1920, une autre loi propose aux municipalités une aide financière de l'Etat pour leur monument, sous réserve de répondre à des critères précis et d'élaborer un dossier sur le projet, présenté par le Conseil municipal, sous la responsabilité du Maire. Le tout est envoyé à la Préfecture pour avis; s'il est favorable, il est transmis à Paris, au Ministère de l'Intérieur, pour validation. Compte tenu du circuit et du nombre de dossiers, les délais de versement demandent plusieurs semaines. Il n'y a aucune obligation à construire un monument, mais toutes les communes vont le faire. L'essentiel du financement provient cependant des fonds propres auxquels s'ajoutent le fruit de souscriptions volontaires et des dons particuliers. Le coût final est difficile à chiffrer en raison du choix de l'édifice et de ses composantes. A titre indicatif, le total de 10 à 15 000 francs semble assez fréquent, mais peut être largement dépassé. Quel que soit le prix à payer, rien n'est trop pour honorer les morts.

2- DESCRIPTION D'UN MONUMENT

2-1- La forme générale : Sur une assise de trois à quatre marches, est placé un cube (ou un parallélépipède rectangle) sur lequel repose un obélisque dont le sommet est sans décor original. Le tout est en granit, roche réputée pour sa résistance au temps. C'est le modèle le plus fréquent que nous qualifierons de " classique", dans la suite de ce dossier. A la place de l’obélisque, peut se trouver la sculpture d'un ou plusieurs soldats, d'un groupe de personnes (femmes et/ ou enfants), d'une femme ou allégorie; représentations données à titre d'exemples. Plus rarement, un mur décoré sert de support aux marques du souvenir.

2-2- Les décors : Ce sont eux qui vont donner le caractère plus original de chaque monument. Palmes sculptées ou en métal, couronnes de laurier, rameaux d'olivier ou de chêne sont une manière de marquer l'héroïsme des soldats; ces végétaux sont le symbole de la gloire, de la victoire, de la paix, du sacrifice. Le sommet de l'obélisque porte parfois la croix de guerre, un animal comme le coq (symbole de la France), une croix latine... L'espace est limité, au sol, par une bordure de fleurs, de verdure, une suite de chaînes dont les maillons évoquent l'union des soldats au combat comme dans la mort, des grilles. Cet espace est comme sacré, même si les corps sont absents. Pour ne pas oublier que le monument est là à cause de la guerre, obus et petits mortiers (les "crapouillots") s'ajoutent également.

2-3- La dédicace : Elle est gravée en façade selon les formules "La commune X à ses enfants" ou "à ses fils morts pour la France" ou "pour la Patrie" ou "au champ d'honneur", suivie des millésimes 1914-1918. Il peut arriver qu'un texte soit ajouté en façade ou à l'arrière de l'édifice.

2-4- Les noms : Ils sont gravés dans la pierre ou sur une plaque, rehaussés d'un filet de peinture ou d'or, par ordre alphabétique avec le prénom (initiale ou en entier). Il peut arriver qu'ils soient inscrits sans cet ordre. Une explication possible: le secrétariat de la Mairie a sans doute produit la liste des noms inscrits sur le registre officiel au fur et à mesure que les familles venaient les faire connaître. Des ajouts aux noms et prénoms sont relevés : le grade, l'âge, le lieu du décès, l'année... Des médaillons avec photos et les indications qui précèdent. Ces listes peuvent être comparées à des tableaux d'honneur, mais sans premier ni dernier, grâce à l'ordre alphabétique et même sans les grades. 7 Tous ces monuments, surtout ruraux, portent des listes impressionnantes de noms dont certains reviennent plusieurs fois dans la même commune, mais aussi ces mêmes noms, dans celles des alentours, preuve que nombreuses sont les familles décimées, à tous les niveaux de parenté. Fait très rare, l'inscription du nom d'une femme sur un monument aux morts, évoqué dans la troisième partie du dossier!

3- L'INAUGURATION

Moment mémorable pour les contemporains. Par affichage et voie de presse, le Maire annonce le jour, l'heure et le lieu du rendez-vous pour un défilé vers le monument.

3-1- Y sont conviés

- les autorités

  • civiles avec leur écharpe tricolore
  • militaires, souvent les gendarmes locaux
  • religieuses de la paroisse- les anciens combattants, porte-drapeaux en tête, et leur famille
  • la population et les enfants des écoles (garçons et filles) avec leurs maîtres, symbole du lien entre générations et du "devoir de mémoire".

3-2- Commence le rituel:    la cérémonie débute à 11 heures, heure du début de l'Armistice ;

 - le maire prononce un discours où ces thèmes sont souvent évoqués : la gloire due aux disparus, leur sacrifice et la paix retrouvée ; la liste peut être complétée ;   - l'appel des noms inscrits sur le monument lus par le maire ou un ancien combattant ; à la suite de chacun on prononce la formule officielle "mort pour la France"   - la minute de silence, drapeaux inclinés, en signe d'hommage, de reconnaissance, de recueillement ;                                                                                           - le dépôt de fleurs souvent tricolores ;                                                                                                                                                                                     - la partie musique est assurée par un groupe local (pompiers, clique, harmonie) ;                                                                                                                       - le chant de la Marseillaise par les enfants des écoles et l'assistance.                                                                                                                                      Ce rituel est donné à titre indicatif, soumis à des nuances locales dans son déroulement. Dans certaines communes, une cérémonie religieuse peut compléter cette célébration. En conclusion, toute provisoire, on peut dire que le monument aux morts de nos communes reste le point de ralliement citoyen depuis sa création, pour célébrer des événements majeurs de notre histoire comme le 14 juillet, le 8 mai et, bien sûr, le 11 novembre. C'est pourquoi on y trouve les signes d'autres conflits (seconde guerre mondiale, Indochine, Algérie) par l'inscription du nom des morts ou la pose de plaques qui en concrétisent le souvenir.                                Quelques ouvrages :

BECKER Annette: Les monuments aux Morts, Mémoire de la Grande Guerre Editions ERRANCE (1991)                                                                                        BOUILLON Jacques et PETZOLD Michel: Mémoire figée, mémoire vivante, les monuments aux morts Editions CITEDIS (1999)                                                      - DAVID Franck: Comprendre le monument aux morts, lieu de souvenir, de mémoire, d'histoire Editions CODEX (2013)                                                                   - Plusieurs sites web, créés pour le Centenaire, donnent des informations précieuses sur ce sujet.

 III. PROMENADE DECOUVERTE

Nous proposons un circuit de visites en treize étapes composées de la Communauté de Communes (CDC) de la Marche Berrichonne (9 sites) auxquels s'ajoutent les 4 communes creusoises voisines d’Aigurande. Il s'agit de :

  1.  AIGURANDE
  2.  LOURDOUEIX SAINT-MICHEL
  3.  SAINT-PLANTAIRE
  4.  ORSENNES
  5.  MONTCHEVRIER
  6.  LA BUXERETTE
  7.  SAINT DENIS DE JOUHET
  8.  CROZON-sur-VAUVRE
  9.  CREVANT
  10.  LA FORET du TEMPLE
  11.  MORTROUX
  12.  LOURDOUEIX SAINT-PIERRE
  13.  MEASNES

Le but de ce circuit est de faire découvrir chacun des monuments aux morts, en ayant pour fil conducteur les notions présentées dans la deuxième partie de ce dossier. Pour faciliter l'approche, celle-ci suivra le même plan dans la progression de l'analyse de chaque site. On pourra ainsi les comparer, en donner les ressemblances, en faire ressortir les originalités. On notera ainsi que presque tous les aspects de base donnés dans la deuxième partie se trouvent réunis dans seulement treize exemples visités. C'est un peu exceptionnel pour un petit territoire plus rural qu'urbain! Dans le développement qui suit, chaque monument bénéficie d'un texte de présentation et d'une illustration photographique. Pour éviter les répétitions, chaque fois qu'un monument reprend le modèle standard, composé des trois parties (socle, cube, obélisque), il sera qualifié de "classique". Certaines modifications ont pu avoir lieu, par rapport au monument d'origine.

1. AIGURANDE

1-Localisation : Devant la Mairie, à un carrefour central.

2-Description : Une base à quatre degrés porte un cube massif sur lequel est placé un socle orné de la croix de guerre. L'originalité réside dans la sculpture qui domine l'ensemble. Elle fut réalisée par le statuaire ROBLOT dans du calcaire qui a résisté au temps. Il a intitulé son œuvre : "Ecoute". Il s'agit de deux fantassins qui avancent avec précaution, à pas comptés; le premier, debout, ralentit l'avance du second un peu incliné, comme pour le protéger. Tous deux restent sur leur garde. L'effet est si fort qu'ils semblent vivants, comme un instantané. L'intérêt est également dû à l'étude des uniformes, des armes, de l'équipement et, surtout, du "barda" porté sur leur dos. On imagine la fatigue après de longues et dangereuses marches vers le front, pour débusquer l'ennemi. Leur visage est celui de jeunes hommes portant leur mémorable moustache. La maquette de cette œuvre, récemment remise en état, se trouve en bonne place dans la Salle du Conseil. On rapprochera ces personnages du soldat sur le monument de SAINT-PLANTAIRE (étape n°3), pour une description plus complète. L'ensemble est limité par un espace fermé par des chaînes fixées à des blocs de granit.

3-Dédicace : « La Ville d'Aigurande à ses enfants morts pour la Patrie 1914-1918 » Un second texte est gravé à l'arrière: « Héros soyez bénis et à jamais immortalisés pour avoir conservé à la France la gloire et la liberté »

4- Les noms : 68 noms avec prénoms en entier gravés dans le granit et relevés par un filet de peinture, dans l'ordre alphabétique. Le grade est exceptionnellement indiqué. On note des noms et des plaques en souvenir des guerres survenues par la suite.

2. LOURDOUEIX SAINT-MICHEL

1- Localisation : Sur une grande place, près de l'Eglise.

2- Description : Le monument est de type "classique". Sur l'obélisque: la croix de guerre à son sommet et deux palmes croisées. Au sol, la limite se compose de gros pavés.

3- Dédicace : « Aux enfants de Lourdoueix-Saint-Michel morts pour la France 1914-1918 ».

4- Les noms : 54 gravés sur plaque par ordre alphabétique et l'initiale du prénom. Palmes en métal et plaques en souvenir de faits de guerres ultérieures complètent l'ensemble.

3. SAINT-PLANTAIRE

1- Localisation : En bordure de rue, près de l'Eglise.

2- Description:  L'obélisque est ici remplacé par la statue en fonte d'un fantassin, intitulée "Le POILU"; elle a presque la taille humaine; elle fut réalisée par le statuaire JACOMET. Sa présentation permet de bien observer le soldat. Au début du conflit, l'uniforme comportait une longue veste bleu foncé et un pantalon rouge garance, cible toute désignée pour l'ennemi! Quant au couvre-chef, ce n'était qu'un képi souple, n'assurant aucune protection. Cet équipement, du XIXème siècle, fut à l'origine de nombreux morts. Pour y remédier, une nouvelle tenue est adoptée en 1915 ; c'est l'uniforme bleu horizon et le casque en métal. L'ennemi avait déjà en service un ensemble dont la couleur permettait de mieux se fondre avec le terrain et la végétation (principe du camouflage). Notre fantassin s'appuie sur un long fusil, le LEBEL à répétitions, du nom de son inventeur, à la fin du XIXème siècle. A partir du genou, le reste de la jambe est entouré de bandes molletières pour la protéger contre les obstacles rencontrés lors des déplacements ; aux pieds, il a des brodequins en cuir avec des semelles cloutées pour une meilleure adhérence aux sols ; ce modèle avait été créé à la fin du XIXème siècle, par l'entreprise GODILLOT. A la ceinture, des cartouchières. Une belle palme en métal semble le porter. On se reportera au monument d'AIGURANDE pour compléter (étape n°1). Une chaîne ferme le monument en plus d'un mur et de la végétation.

3- Dédicace : Inscrite sur une plaque ornée de deux croix latines: « Saint-Plantaire à ses enfants morts pour la France 1914- 1918. »

4- Les noms : 69 par ordre alphabétique avec l'initiale des prénoms gravés sur plaque.

4. ORSENNES

1. Localisation : Le monument se trouve sur la place principale, près de l'Eglise.

2. Description : Des treize sites, c'est le plus original. On passe d'une structure verticale à un édifice horizontal. Sa longueur fait quelque cinq mètres. A gauche : sur un socle, un bloc de pierre avec, de côté, un blason sculpté et, de face, une plaque en métal portant les années de la durée de la guerre. Au milieu, une grande plaque destinée à recevoir le nom des morts. Puis, la statue d'une femme assise. A droite, un bloc de granit ressemblant à une lanterne des morts revisitée, qui a été utilisée pour perpétuer le souvenir des soldats décédés pendant la Seconde Guerre Mondiale et en Afrique du Nord.Quelques mots sur la statue. La femme est vêtue d'une longue robe et d'une cape laissant entrevoir son visage, aux yeux mi-clos; elle a une alliance à sa main gauche et semble veiller un époux, un fils. Ses sabots dépassent de sa robe. La statue en bronze est due au sculpteur CLEMENT. Le nom du maître d'œuvre gravé à l'arrière du monument est ENDERLIN. Au sol, la limite de l'ensemble est assurée par une grille surmontée de pommes de pin et reliée à douze obus.

3. Dédicace :  « Orsennes à ses enfants morts pour la France 1914-1918. »

4. Les noms : 101 inscriptions sur la grande plaque, par ordre alphabétique, avec l'initiale des prénoms.

5. MONTCHEVRIER

1. Localisation : Un peu en hauteur, à un carrefour.

2. Description : Modèle "classique". Le sommet de l'obélisque est décoré. Une double palme en métal de face, une croix latine à l'arrière. Un obus est à chaque angle. L'ensemble est limité par une grille ornée d'un double cordon en métal qui souligne seize croix de guerre réparties sur le pourtour. La croix mérite une description: deux armes blanches croisées servent de support; pour rappeler que la décoration est attribuée pour reconnaître des faits de guerre héroïques; au centre, un cercle entoure un visage féminin, de profil, la République, coiffée du bonnet phrygien, symbole de la Liberté, et une couronne de laurier. C'est la même croix qui est remise à chaque soldat quel que soit son rang.

3. Dédicace : « Aux enfants de Montchevrier morts pour la Patrie 1914-1918. »

4. Les noms : 61 soldats sont inscrits sur des plaques par ordre alphabétique, avec prénoms en entier. Deux médaillons en émail avec photo et informations personnalisées. Une plaque à la mémoire des morts de 1939-1945.

6. LA BUXERETTE

1. Localisation : A un carrefour

2. Description : Modèle "classique". Le sommet de l'obélisque est décoré d'une sorte de corniche ; en dessous, le mot "Patrie"; puis une croix latine, portée par deux drapeaux tricolores croisés. Aux angles, des obus; au fond, un mortier de chaque côté. L'espace est clos par une grille et une haie.

3. Dédicace :"La Commune de La Buxerette à ses enfants morts pour la France 1914-1918"

4. Les noms : 18 soldats avec liste alphabétique et prénoms en entier, sur plaque

7. SAINT-DENIS de JOUHET

1. Localisation : Face à un carrefour à proximité de la Mairie et de l'Eglise.

2. Description : Le degré de la base porte un décor ouvragé et une plaque avec des événements militaires ultérieurs. L'élément le plus important est placé sur un socle en forme d'obélisque tronqué. La statue plus grande que de taille humaine, représente une femme ou allégorie, intitulée "La France victorieuse". Description :  une longue robe jusqu'aux pieds, un peu à l'antique, un manteau de soldat sur les épaules, un casque couronné de palme sur la tête;  sa main droite tient une longue épée, signe de la protection et de la défense du pays; dans sa main gauche, un globe sur lequel est posée une statuette, en métal, aux ailes déployées, brandissant une palme, signe de la Victoire La statue porte deux signatures : MAUBERT et ROBERT, le maître d'œuvre et le statuaire. L'ensemble fleuri et arboré encadre le tout, en plus de deux mortiers.

3. Dédicace : " La Commune de Saint-Denis de Jouhet à ses enfants morts pour la Patrie et à ses héros triomphants1914-1918. "

4. Les noms : 103 soldats, nombre le plus important des treize sites (initiales des prénoms) sur plaques. Il n'y a pas d'ordre alphabétique (voir le point 2-4 de la seconde partie pour explication).

8. CROZON-SUR-VAUVRE

1. Localisation : Sur un promontoire dominant le cours de la Vauvre ; pas loin de l'Eglise.

2. Description : Sur une base à plusieurs degrés est placé directement un obélisque surmonté d'une croix latine ornée d'une couronne et de deux palmes. Un obus occupe chaque angle. L'ensemble est limité par une chaîne fixée à des blocs de granit.

3. Dédicace : "Aux enfants de Crozon morts pour la France". Pas d'indication des millésimes : 1914-1918.

4. Les noms : 61 identités sont gravées sur une plaque avec les prénoms en entier. La disposition est originale à plusieurs titres. En effet, les noms sont groupés ici par année et par mois de décès. Si l'on compte le nombre de morts au cours des deux premières années du conflit, on en a 38, soit plus de la moitié! Ce constat correspond à la situation au plan national (voir le point 2-3 de la première partie du dossier). D'autre part, il n'y a que six mentions de grades. C'est ainsi la confirmation de la mobilisation d'hommes directement venus de leur milieu professionnel et qui n'ont eu que quelques semaines de formation avant d'être envoyés sur le front. C'est encore la vingtaine de médaillons en émail qui subsistent, avec photos en couleur, identité, régiment, lieu, date et âge du décès. Souvenir des morts (1939-1945 et Algérie) sur des plaques.

9. CREVANT

1. Localisation : En bordure de route, près de la Mairie.

2. Description : Ensemble de type "classique". Côté face: deux palmes et la croix de guerre sculptées sur l'obélisque. A l'arrière: une croix latine gravée dans la pierre. Une végétation variée entoure le monument.

3. Dédicace : "Aux enfants de Crevant morts pour la Patrie.1914- 1918"

4. Les noms : 68 inscriptions par ordre alphabétique avec prénoms en entier sur plusieurs plaques.

10. LA FORET-DU-TEMPLE

1. Localisation : Devant la Mairie

2. Description : A la différence du modèle "classique", ce monument ne comporte que deux parties : une assise massive et l'obélisque, au sommet décoré. Les ornements: la croix de guerre, deux palmes croisées en métal, deux branches: l'une de chêne avec des glands, l'autre d'olivier avec des fruits. Une grille entoure le monument.

3. Dédicace : "Aux héros de la Forêt-du-Temple morts pour la France 1914-1918" Un second texte, en dessous: "A eux l'immortalité, à nous le souvenir".

4. Les noms : 30 inscriptions avec prénoms en entier, gravés, mais sans ordre alphabétique (voir le point 24 de la deuxième partie pour explication) Ce monument fait exception au plan national. Pourquoi? Sur l'obélisque, une face entière est consacrée à la même famille BUJARDET. De plus, on y trouve le nom d'une femme, Emma BUJARDET, décédée en 1917 de chagrin suite aux annonces successives du décès de ses trois fils! Son inscription, avant d'être votée par le Conseil Municipal, donna lieu à des débats. La Mairie propose aux visiteurs un dépliant sur l'historique de cet événement dont il n'existe que quelques très rares exemples.

11. MORTROUX

1. Localisation : En bordure de la route, sur une butte près de la Mairie et de l'Eglise.

2. Description : Ensemble de type «classique"; le sommet de l'obélisque est sculpté et orné de la croix de guerre; en dessous, des rameaux croisés. Quatre obus encadrent le monument avec une végétation de verdure.

3. Dédicace : "Aux enfants de Mortroux morts pour la Patrie 1914-1918"4. Les noms 39 soldats avec prénoms en entier et dans l'ordre alphabétique, sur plaque. L'originalité réside dans l'indication de l'âge du décès qui illustre trop bien le prix payé parmi la jeunesse! Ainsi, 15 morts avaient moins de 30 ans dont 4 moins de 25 ans... Deux rameaux encadrent les listes.

12. LOURDOUEIX-SAINT-PIERRE

1. Localisation : Sur une place près de la Mairie.

2. Description : Forme générale "classique". Décor : palmes, croix de guerre. Au sommet, trône un coq en métal sur un globe où sont inscrits trois sites de batailles: Marne, Champagne et entre les deux et en plus grand VERDUN. Le coq est intéressant; dressé sur ses ergots, tête haute, il a le bec ouvert vers le ciel comme lorsqu'il chante pour signifier la victoire, le triomphe ; sa fierté en fait l'emblème national ; son esprit belliqueux lui permet de dominer la basse-cour! Au sol deux mortiers, quatre obus ; une grille délimite l'espace.

3. Dédicace : "Aux morts pour la France, la Commune de Lourdoueix-Saint-Pierre, à ses enfants tombés au champ d'honneur 1914-1918. "

4. Les noms : 90 gravés par ordre alphabétique avec l'initiale des prénoms, sur des plaques. NB : Le village de Villechiron possède également un Monument aux Morts.

13. MEASNES

1. Localisation : A proximité d'un carrefour sur une place près de la Mairie.

2. Description : Ensemble "classique" Le sommet de l'obélisque est décoré d'une sorte de toiture, un peu à l'image d'une construction antique. On note des palmes en métal, la croix de guerre, deux rameaux croisés de chêne et de laurier. Au sol, deux obus, une bordure de verdure

3. Dédicace : "Aux enfants de MEASNES, morts pour la France1914- 1918. "

4. Les noms : 78 inscriptions sur plaques par ordre alphabétique et initiales des prénoms.

14. LE BILAN HUMAIN DE LA GUERRE DANS LES 13 COMMUNES :

Nous avons rassemblé, dans le tableau ci-dessous, le nombre de morts pour la France inscrit sur chaque monument, rapporté à la population de la commune (recensement de 1911). Il est de 4,3 % pour les 13 communes, alors que pour l’ensemble de la France, l’estimation des pertes militaires est de 1 400 000 (dont 70 000 à 98 000 soldats originaires d’outre-mer) soit 3,5% de la population de 39 600 000 habitants recensée en métropole. Nous retrouvons bien ici un fait souligné par les historiens de cette période : c’est la population rurale qui a payé le plus fort tribu en hommes. Pour la tranche d’âge des 18-27 ans, le nombre de morts à la guerre en France est de 27% de ces jeunes, soit plus d’un sur quatre.

COMMUNES MORTS POUR LA FRANCE HABITANTS EN 1911 MORTS EN % DE LA POPULATION HABITANTS EN 1921 VARIATION 1921/1911 EN %
AIGURANDE 68  2 552 2,7 %  2 316  -9,2 %
LOURDOUEIX ST MICHEL 54  1 243 4,3 %  1 171  -5,8 %
SAINT-PLANTAIRE 69  1 505 4,6 %  1 321 -12,2 %
ORSENNES 101  2 377 4,2 %  2 014 -15,3 %
 MONTCHEVRIER 61  1 395 4,4 %  1 236 -11,4 %
   LA BUXERETTE 18     436 4,1 %     430   -1,4 %
SAINT DENIS DE JOUHET 103  2 102 4,9 %  1 912   -9,0 %
 CROZON-sur-VAUVRE 61  1 257 4,9 %  1 147   -8,8 %
CREVANT 68  1 834 3,7 %  1 667   -9,1 %
LA FORET du TEMPLE 30     508 5,9 %     402 -20,9 %
MORTROUX 39     648 6,0 %     604   -6,8 %
LOURDOUEIX ST PIERRE 90  2 160 4,2 %   1 860 -13,9 %
MEASNES 78  1 603 4,9 %   1 524   -4,9%
Total 840 19 620 4,3 % 17 604     -10,3 % 

    

A Aigurande, le pourcentage de morts pour la France par rapport à la population est nettement inférieur à celui des autres communes. Le nombre de morts pour la France qui figure dans l’église d’Aigurande (il semble inclure les soldats morts, après 1918, des suites de la guerre) est de 97 (cf. paragraphe suivant). Des études, postérieures, parfois publiées sur internet, font état d’autres chiffres, mais toutes soulignent le manque de précision de ces recensements. Nous avons également inclus dans ce tableau la population de chaque commune lors du premier recensement fait après la guerre, en 1921. Nous ne sommes pas vraiment dans une période d’exode rural et la diminution de la population entre 1911 et 1921 peut, en majeure partie, être attribuée aux conséquences de la guerre : une génération mobilisée pendant 4 ans et fortement décimée, peu de naissances pendant cette période,… Pour l’ensemble des 13 communes étudiées, la population a diminué, en dix ans, de 2 016 habitants, soit 10,3 % de la population de 1911. P.S. Il est intéressant de signaler que l'Association "Le Souvenir Français" assure, depuis sa création (1887) et à la demande des municipalités, une aide à l'entretien des monuments, des tombes et des stèles consacrés aux "morts pour la France". Une cocarde tricolore, à son enseigne, y est appliquée.

15 - LES MEMORIAUX PAROISSIAUX DANS LES EGLISES :

En complément à l'étude des monuments aux morts municipaux, nous faisons une brève présentation de ce que les paroisses ont mis en place, dans les églises, en accord avec les familles, pour honorer le souvenir de leurs soldats défunts. Dans les églises, les supports muraux pour les plaques, les stèles en pierre blanche ou en marbre avec des décors sculptés (croix, ange, soldat à l'agonie...) parfois rehaussés de couleurs, encadrent les listes par des invitations adressées aux vivants ; au début : "Prions (ou priez) pour nos soldats..."; à la fin : "Qu'ils reposent en Paix", formules données à titre d'exemples. Résultats des recherches : Nous avons rassemblé dans le tableau ci-dessous le nombre de noms de soldats morts pour la France relevés dans les églises et le comparons avec celui relevé sur les monuments aux morts.

Commune Eglise Monument aux morts Différence EgliseMonument
AIGURANDE 97   68   29
LOURDOUEIX ST MICHEL Pas de mémorial   54    -
SAINT-PLANTAIRE Pas de mémorial   69    -
ORSENNES  83 101  -18
MONTCHEVRIER  66   61     5
LA BUXERETTE  18   18     0
SAINT DENIS DE JOUHET 106 103     3
CROZON-sur-VAUVRE   61   61     0
CREVANT  92   68   24
LA FORET du TEMPLE  30   30     0
MORTROUX  38   39    -1
LOURDOUEIX ST PIERRE  89   90    -1
MEASNES   82   78     4
     Total -  - 840     -

 

-Notes :

LA BUXERETTE : 17 ou 18 noms manuscrits sur un parchemin encadré et fixé dans le chœur ; son étude a été rendue difficile ; une partie du texte a été effacée par le temps ; on trouve, après l'identité et chaque fois que c'est lisible, l'âge et la date du décès. Une mesure de sauvegarde de ce parchemin s’impose de façon urgente !

CROZON sur VAUVRE : situation exceptionnelle : les deux listes, église et monument, sont identiques et présentées avec le même principe de regroupement, résultat d'une bonne entente entre les deux instances !

CREVANT: le mémorial est au milieu du cimetière avec 92 noms ; après chacun d'eux, est notée une municipalité assez souvent autre que CREVANT ! Voir ci-dessous la ou les raisons possibles.

LA FORET DU TEMPLE: les 30 noms sont répartis sur deux plaques, l'une avec 26 noms et l'âge du décès, la seconde avec 4 noms, ceux de la famille BUJARDET. Ce tableau montre que, dans la plupart des cas, les nombres comparés sont très proches, faut-il encore prendre les deux listes et noter quelques différences sur les noms. Par contre, pour trois communes (Aigurande, Orsennes et Crevant), les écarts sont importants. Comment les expliquer ? Nous suggérons quelques propositions. Les familles avaient entière liberté pour le choix entre l'une ou l'autre liste ; celui-ci peut être marqué par leurs opinions politiques et/ou leurs convictions religieuses. On se souvient par exemple, des débats autour de la présence ou non d'une croix latine sur le monument municipal. Quant à la commune ou la paroisse de rattachement pour les inscriptions, le choix peut être guidé par le lieu: - de naissance du défunt - de son domicile, - de l'origine de la famille, - de la présence d'une tombe familiale... Le dossier reste ouvert pour l'ensemble traité dans ce paragraphe.

EPILOGUE

Nous voici arrivés au terme de notre circuit. Ce fut pour son auteur un réel plaisir de parcourir les routes sinueuses de notre bocage et d'aller de découvertes en étonnement tant la variété des sites est grande. Que ceux qui feront le choix de ce dépaysement ressentent la même satisfaction de les avoir rencontrés et qu'ils ne passent plus à proximité, seuls, en famille, en groupes, de la même manière. Signalons que plusieurs municipalités disposent d'une publication bien documentée sur leur histoire au cours des siècles ; un texte dédié à la Grande Guerre, avec illustrations, y a sa place. Ces ouvrages sont encore disponibles.

ET REMERCIEMENTS

Que tous ceux qui m’ont apporté une aide soient ici assurés de ma reconnaissance : - L'Association de Sauvegarde du Patrimoine d'Aigurande dont les encouragements et l’aide m’ont aidé à mener à bien ce travail. - Les municipalités qui m’ont réservé un accueil intéressé par cette initiative et ont bien voulu mettre à ma disposition des documents d'époque. - Les particuliers qui m’ont proposé des informations précieuses. - Marie-Claude et Luc MAMBRINI avec qui j’ai travaillé en équipe à la réalisation de ce mémoire.

Pierre GREIVELDINGER. Septembre 2018. 

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